vendredi 9 novembre 2018

Le Bulletin Paroissial de la semaine prochaine


Le bulletin de la semaine du 12 au 17 novembre 2018 vous attend ici

Que donnons-nous à Dieu ?


Il arrive qu'on ne regarde pas les personnes, qu'on ne les voit plus, qu'on s'habitue à ne pas les connaitre vraiment ! Jésus nous en fait la démonstration dans son observation des va-et-vient au Temple (Marc 12, 38-44). Du coup, lui « qui connait les reins et les cœurs » voit ce qu'on ne voit pas. Il devine « l'intention des cœurs », il nous connait ! La veuve donne peu car elle a peu, mais elle donne « sur son indigence » dit l'Évangile. Jésus ne fait aucun reproches à ceux qui donnent beaucoup parce qu'ils ont beaucoup, et il saura louer « ceux qui prennent soin des autres », son propos n'est pas « un règlement de compte » avec quiconque, c'est plutôt de parler « d'une forme de pauvreté » que nous connaitrons tous ! Pour le comprendre, il faut se rappeler du statut des veuves dans la Bible. Elles sont le symbole même de « la pauvreté » ; détresse matérielle, perte de situation sociale, charge d'enfants, solitude, sans aucune protection ni considération. On appelait cette situation de vie « une blessure inguérissable ». Du coup, la veuve n'a plus d'autre espoir que « de compter sur Dieu seul ». Mais c'est bien là le message ; c'est dans nos blessures que Dieu et la Grâce se faufilent. Et il faut du temps pour comprendre et accepter ce message ; Dieu veut nous réconcilier avec « nos blessures » les plus profondes, celles qui fragilisent, celles qui laissent sans aucune protection, comme la veuve du jour. C'est cette « pauvreté » là dont on nous parle. On pourrait dire que l'on connait Dieu, toujours mieux, au travers de ses blessures. C'est un fait et bien souvent le cas, quand on réalise ce point de solitude, de manque, de fragilité évidente après qu'on ait épuisé toutes formes d'orgueil ou de suffisance. Car, enfin, parler de « blessure » c'est parler de la plus radicale, « la blessure mortelle », qui, pour ceux qui suivent le Christ est devenue « un passage », « le passage » ! Dieu n'exige rien, il éclaire et suscite les et les consciences, il fait prendre des décisions, il réoriente des vies. La veuve  n'a pas fait que donner « des piécettes », elle a donné ce qu'elle était, « sa substance » qui est « indigence ». Elle s'est confiée totalement à Dieu pour ce qui la dépasse et l'écrase.
Quelles sont « nos blessures » ? Sont-elles « ouvertures à Dieu » et à une lucidité de vie ? Et que donnons-nous à Dieu ? Nos belles pensées, nos idées, nos biens matériels ou nous-mêmes ? Ne sommes-nous pas « ces pauvres », ne devons-nous pas être « ces pauvres »  que Jésus  rejoint ?                 Père Michel Pagès 
Sortie de la plaquette historique sur St Joseph, qui rejoint les autres plaquettes qui évoquent le patrimoine toulousain « Un exemple achevé d'une église du 19e siècle »

Centenaire de la Guerre de 1914-1918. En cette dernière année du centenaire de la Grande Guerre qui a fait tant de morts et a eu tant de conséquences sur les familles et les peuples, prions ; « Dieu de bonté, de justice et de paix, envoie ton Esprit. Qu'il mette en nos coeurs le désir ardent de construire la paix, dans nos familles, nos communautés, notre pays et entre les peuples. Nous te le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur, Amen »
Faut-il le rappeler, ce conflit a fait près de 20 millions de morts, 22 millions de blessés, près de 6000 prêtres décédés, souvent venant à l'aide des blessés et 375 religieuses.


vendredi 2 novembre 2018

Que cherchez-vous dans votre vie ?


Nous savons cela : La Bible c'est, en Dieu, la volonté de faire de l'homme, le partenaire d'une relation humainement inimaginable, une relation d'amour ! En appelant la créature humaine à l'existence, Dieu ouvre en elle, une capacité de le connaitre, de l'accueillir, de lui répondre, ce qui, quelque part « le divinise » !
Comment, dès lors, être surpris du dialogue entre Jésus et le scribe du récit évangélique ? ((Marc 12, 28-34). Jésus ne voit pas qu'un scribe devant lui, il voit une âme qui recherche la vérité sur lui-même et sur la grande aventure humaine ! Il voit son désir d'essentiel ; « Tu n'es pas loin du Royaume de Dieu » lui dit Jésus. Et ce Royaume de Dieu, il est longuement préparé par les siècles de la longue histoire d'Israël, dans laquelle nous nous reconnaissons. On ne saisit rien du « mystère de Jésus » si l'on oublie de le mettre en perspective « du Royaume qui vient » ! Tout, dans sa venue, ses paroles, ses signes, ses miracles, sa mort et sa résurrection...sont « annonce » du Royaume qui vient ». Dès lors, notre vie, dès maintenant, est comme « une quête » et « une annonce » d'une vie qui va au-delà de cette vie.
Pour faire un lien avec les fêtes dont nous sortons, la Toussaint et la Mémoire de nos défunts, c'est par l'évangile selon St Matthieu, que « ces choses » nous étaient dites. Les chapitres 5 à 7 énoncent le message de Jésus et la nécessaire « préparation du Royaume qui vient ». En commençant par « les attitudes à avoir » pour entrer dans le Royaume et cela inclut le récit des Béatitudes mais aussi le récit du « sel de terre », de « la lumière du monde » et de « l'accomplissement de la loi ». Puis « la nécessaire rectitude de nos intentions » dans notre relation à Dieu en commençant par la prière dont Jésus nous donnera le modèle, le Notre Père. Puis la « non moins nécessaire confiance en la Providence paternelle de Dieu » dans notre quotidien « ne vous souciez pas, regardez les lys des champs ». Encore le « comportement fraternel des enfants de Dieu » que nous sommes et qui se préparent à une « autre vie » dès leurs comportements ; « ne pas juger », « respecter le bien d'autrui », « respecter les choses saintes », « la règle d'or de la charité ». Enfin, « les conditions pour entrer dans le Royaume », avec les images fortes de « la porte étroite », « la maison construite sur le roc », « les fausses promesses avec les faux

Donne-nous le courage...Donne-nous d'être vrais et de parler vrai autant qu'il est possible et quoi qu'il en coûte. Délivre-nous d'abord des idées toutes faites, des clichés, des conformismes et des simplismes qui obscurcissent nos intelligences et nos cœurs. Donne-nous d'accepter les mises en question qui viennent de notre entourage et particulièrement de nos adversaires. Epargne-nous de gauchir nos propos en vue de fins inavouables. Garde-nous de trahir la confiance d'autrui. Nourris en nous l'horreur de la tricherie. Donne-nous le courage de chercher et d'apprendre ce que nous avons à connaître surtout lorsque c'est au prix d'un désagrément. Donne-nous le courage de dire ce qui doit être dit, dans les rapports individuels comme au sein des assemblées où nous avons la parole. Apprends-nous l'audace de risquer sans tomber dans la naïveté mais sans succomber à la lâcheté. Donne-nous le courage de décider ce qui doit être décidé sans nous en décharger sur autrui, ni prolonger les délais. Retiens-nous cependant de blesser, d'humilier, de décourager. Que ta vérité, par nous, devienne lumière.    Père Jean Moussé, sj

vendredi 26 octobre 2018

Que veux-tu que je fasse pour toi ?


Avec les textes de ce dimanche, nous sommes appelés à entrer au cœur du mystère de l'Incarnation et de notre sanctification qui font de Jésus le médiateur entre Dieu et le monde. Cherchons-nous-en nous et par la Parole de Dieu, le supplément d'âme pour mieux se connaître et se tourner en confiance vers le Christ ? Dans notre société tout pousse à ignorer la présence de Dieu, les Pères de l'Église et le message de l'Église hier comme aujourd'hui nous encouragent à passer d'un rien à un Dieu-avec-nous. Chacun de nous sommes des êtres chers à Dieu. C'est pour cela que par le mystère de l'Incarnation Dieu est L'Emmanuel celui qui nous interroge comme un vrai ami.  « Que veux-tu que je fasse pour toi ?». Dieu nous entend de très loin. Il est attaché à nous et nous appelle pour notre vraie liberté de mouvement. La foi et la raison ne s'opposent pas bien au contraire, elles épanouissent la personne humaine. Dieu souffre de nous voir esclave de la matérialité, de voire la dignité de l'homme bafouée, de voir la dimension de l'alliance entre l'homme et la femme vouloir être réduite et asséchée par la perte de confiance et d'espérance.
Jésus fait appeler par quelqu'un Bartimée qui crie au point d'être insupportable. Ce quelqu'un a reçu cet appel intérieur de Dieu. Et cet homme est missionné par la grâce divine pour lui dire avec tendresse, avec bienveillance « Confiance, lève-toi ; il t'appelle. ». C'est pourquoi Bartimée bondit tout aveugle qu'il est. Vous imaginez la puissance d'amour de cet ordre-invitatoire donné à l'aveugle. « Confiance, lève-toi ; il t'appelle » Vous imaginez l'éclair que cela produit en lui tout aveugle qu'il est, plongé dans le noir ! Tout aveugle qu'il est, il a compris que Jésus est le Seigneur. Écoutant la question de Jésus : « que veux-tu que je fasse pour toi ? »  Bartimée répond : « Rabbouni, que je vois ».  Et le miracle se produit. En Jésus et par Jésus, Bartimée est guéri. Sa foi en l'amour originel l'a sauvé. Il voit et ne sera plus un mendiant. Il a retrouvé sa dignité. En fin de compte Dieu n'abandonne personne c'est pourquoi il a pitié de nous. Le Christ nous appelle, faisons confiance il nous guérit, rendons grâce à son Amour. Quelle merveille fit, fait et fera le Seigneur pour chacun de nous, que cette messe soit pour toutes et tous une grande joie, une grande rencontre avec le Christ.                                     Michel d'Aleman, diacre

Toussaint et communion des saints

L'Église est « le lieu », c'est-à-dire « la communauté de la rencontre et de la communion » entre les disciples du Christ. C'est aussi ce qu'on appelle « la communion des saints » et cette conviction s'enracine dans les premiers temps de l'Église. Cette communion se réalise tout particulièrement quand les chrétiens se rassemblent pour l'Eucharistie. Cette « communion « est très large. On parle de cette communion entre « l'Église triomphante » c'est-à-dire « l'Église du ciel », « l'Église pérégrinante » c'est-à-dire « les chrétiens qui cheminent sur cette terre » et « l'Église souffrante » c'est-à-dire « ceux qui vivent la purification ».

La prière pour les défunts est primitive, elle aussi. Elle évoque ce « mystère de communion » entre les morts et les vivants. Elle vise à « intercéder ». pour ceux qui font partie de notre histoire et qui peuvent être « en purification ». Dans ce sens, la visite au cimetière, l'entretien des tombes, la célébration de la Messe en leur mémoire manifeste ce « lien » et cette intercession active et confiante. 

Dans la célébration de la Messe, on prie pour les vivants et pour les morts.
 « Écoute nos prières avec bonté, Seigneur. Fais grandir notre Foi en ton Fils qui est ressuscité des morts, pour que soit plus vive aussi notre espérance en la résurrection de tous nos frères défunts. Par Jésus le Christ, notre Seigneur, amen ».

vendredi 19 octobre 2018

Décidément le texte évangélique ne nous cache rien...


...jusqu'à nous faire le récit des faiblesses de ceux qui allaient devenir les colonnes de l'Église. « Donne nous de siéger à ta droite ». Quelle humilité des Apôtres qui veulent fonctionner « au piston »! On peut comprendre, dès lors, les limites et les faiblesses de leurs successeurs et les nôtres, mais on peut, surtout prendre conscience des merveilles que la grâce de Dieu réalise dans les âmes ! Nul ne doit désespérer de qui que ce soit mais sans oublier l'appel permanent à la conversion ! Et voilà que Jésus commente en parlant de « pouvoir » et de « la manière chrétienne » de l'exercer. « Les grands font sentir leur pouvoir, pour vous il ne doit pas en être ainsi » (Marc 10, 35-45). Alors que dire ? Sans doute que, qui que nous soyons, recevant un rôle, une mission, une responsabilité, une place dans l'Église et le monde...nous voici appelés à une vigilance, celle de ne pas l'exercer avec « l'esprit du monde » au point de préciser « le Fils de l'homme, lui, n'est pas venu pour être servi mais pour servir ».            Je vous propose de relire « la manière » dont Jésus a exercé « son pouvoir ». A relire les Évangiles, c'est « par sa parole » et « par sa main ». Non « une parole autoritaire » mais une « parole libératrice ». Chaque rencontre difficile le pousse à éclairer le cœur de la personne, son égarement ou son endurcissement. S'adressant « au mal », sa parole est forte et incisive « sors de cet homme ». S'adressant à la personne sa parole est patiente et bienveillante « si tu veux », « si tu veux être parfait ». Encore une fois, il respecte une liberté, il n'écrase pas, ne joue pas avec les personnes, tolère et patiente. « Sa main » sait montrer sa puissance sur le mal, la souffrance, la possession diabolique. Elle est forte ! Mais « sa main » prolonge « sa parole », elle est « une miséricorde en acte ». Il impose la main sur les malades, les enfants, il protège et encourage, il réconcilie et donne la force, il remet debout.             Nous nous proclamons « disciples du Christ ? Que faisons-nous avec « notre parole » ? Est-elle « autoritaire » ou est-elle « bienveillante », constructive, sachant nous effacer devant le seul pouvoir qui vaille, celui du Christ en nous, et qui aura le dernier mot ? Et que faisons-nous « de nos mains » ? Sont-elles le prolongement de cette « bienveillance » ou l'expression rapide et maladroite de nos impatiences ? Isaïe a relayé cette promesse divine et quelle promesse ! « Le serviteur éprouvé verra la lumière, il aura une descendance, il sera comblé » (53, 10-11) Père Michel Pagès